Grand Prix des Lectrices Elle (Suite)

Le grand prix des lectrices ELLE m’offre définitivement, sélection après sélection, l’occasion de découvrir de nouveaux univers, à commencer par celui des polars que je connaissais très mal. Je ne suis toujours pas une spécialiste, loin de là, mais après 6 mois de lecture j’ai eu un coup de coeur pour le premier roman de l’américaine Jax Miller, Les Infâmes.
Les-Infames
Voici ma critique:
 
C’est une véritable plongée dans l’Amérique profonde, celle des laissés-pour-compte, des marginaux, des skinheads ou encore des religieux fanatiques que nous offre Jax Miller pour son premier roman. Comme le titre l’indique d’ailleurs, ici point de rêve américain pour les protagonistes de ce livre : l’héroïne, Freedom Oliver est une écorchée vive, vulgaire et alcoolique, qui se cache depuis 18 ans dans un bar pour motards de l’Oregon, sous protection du FBI, pour échapper à la vengeance de son beau-frère. Pourtant lorsqu’elle apprend que la fille qu’elle a du abandonner à la naissance, a disparu, elle n’hésite pas à tout risquer pour la retrouver. En chemin, Freedom va rencontrer un indien guérisseur, un shérif véreux, un prédicateur pédophile…
On pourra regretter certains clichés et des personnages parfois caricaturaux mais la construction est habile et l’histoire haletante de la première à la dernière page. L’auteure a su créer une ambiance malsaine et sordide qui prend à la gorge, avec de nombreux rebondissements et une écriture très cinématographique, tout en coups de poing.
Surtout, elle réussit à faire de son héroïne une personne attachante, malgré tous ses défauts, qui au fil de l’intrigue dévoile sa vulnérabilité et son humanité. Et si la fin peut paraître un peu trop hollywoodienne, elle apporte une touche d’espoir et une promesse d’avenir qui fait du bien après tant de noirceur. Une belle révélation !
 
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LA PAUSA IN CAP-MARTIN ACQUIRED BY HOUSE OF CHANEL

Premier article de l’année pour Riviera Buzz. first article of the year for Riviera Buzz.

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A splendid villa overlooking both the Mediterranean and Cap-Martin, uninhabited since 2007, and recently acquired by the House of Chanel.

88 years after one Gabrielle « Coco » Chanel purchased the land to built her dream vacation home, La Pausa, the House of Chanel has acquired the property and after renovation work to restore the villa to its original spirit, the famed fashion house is planning to dedicate the place to the brand and its values. The villa is the only of her houses that Mademoiselle had specially designed, built and decorated for her.

 

Chanel fell in love with the French Riviera during the 1920s while vacationing in the company of the Duke of Westminster with whom she had a long affair. Together, they commissioned architect Robert Streitz to build a villa in their image and likeness. So, while the duke’s bedroom was somber, Coco Chanel’s suite was full of colour, decorated with a pink canopy, mirrors and chandeliers. It was furnished in a simple and modern way and had many references to the the architecture of Aubazine, the former abbey transformed into an orphanage where Chanel spent a large part of her adolescence.

In La Pausa the couple would welcome some of the biggest artists of the time such as Jean Cocteau, Serge Lifar, Salvador Dali, Pierre Bonnard and Winston Churchill.

In 1954, following the Duke of Westminster’s death, Mademoiselle sold the villa fully furnished to Emery Reves, an American writer and publisher, who kept much of the decor in its original condition but brought a new burst of life back to the residence inviting friends such as Greta Garbo and Jackie Onassis.

The villa has however always held an important place in the fashion designer’s life and one of the perfumes of the collection Les Exclusifs is even called 28 La Pausa, with is not only a reference to this special place, but also to the year in which its story began.

 

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Lead image The Great Hall of La Pausa (as reconstructed at the Dallas Museum of Art) By Photo: User:FA2010Own work, Public Domain; image of La Pausa perfume courtesy Chanel website

 

GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE 2016 (Suite)

La catégorie “documentaire” du Grand Prix des Lectrices Elle 2016 a été pour l’instant l’occasion de belles découvertes. Des destins hors du commun ( Lucie Dreyfus, la femme du capitaine, ou encore Gertrude Bell, archéologue, aventurière et agent secret) et des histoires fascinantes (Naître et survivre de Wendy Holden par exemple qui raconte comment 3 femmes déportées à Mauthausen ont réussi à accoucher dans l’enfer des camps et à protéger leur nouveau-né ). Mais surtout, il y a LE livre, celui qui m’a bouleversée, émue, fait réfléchir…Ce petit livre, c’est “Et tu n’es pas revenu” de Marceline Loridan-Ivens.

et tu n'es pas revenu

Voici ma critique:

C’est une lettre courte mais poignante que Marceline Loridan-Ivens adresse à son papa, Salomon Rosenberg, déporté avec elle à Auschwitz mais qui n’en est jamais revenu. Elle n’avait que 15 ans lorsqu’ils ont tous deux été faits prisonniers lors d’une rafle. Il lui avait alors dit : « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas ». Ces paroles, l’auteur ne les a jamais oubliées, pas plus que leur dernière étreinte dans l’enfer des camps. Mais comment reprendre une vie normale après avoir vécu l’indicible ? Comment surmonter la culpabilité d’avoir survécu alors que tant d’autres ont péri ? Et comment raconter l’inimaginable à ceux qui ne l’ont pas vécu et ne peuvent pas comprendre ?

Dans ce récit dépouillé et pudique, sans aucun détail superflu, Marceline Loridan-Ivens ne cache rien des pires moments de son existence : la petite fille grecque dont elle a malgré elle causé la mort, le vol des affaires des personnes gazées à leur arrivée, le difficile retour en France, les silences de sa mère qui ne veut rien savoir des souffrances endurées par sa fille, la déception de son petit frère qui aurait préféré que ce soit leur père qui revienne…

Les mots sont simples mais forts et si l’auteure arrive à coucher ses souvenirs sur papier, elle ne peut empêcher la colère et la douleur qui l’étreignent encore, plus de 70 ans plus tard, de s’exprimer dans chaque phrase. Elle a survécu, oui, mais à quel prix !

Il y a peu Marceline Loridan-Ivens demandait à une autre rescapée : « Maintenant que la vie se termine, tu penses qu’on a bien fait de revenir des camps ? » et celle-ci lui avait répondu : « Je crois que non ». Ce terrible constat résume bien à quel point « l’après »  a été difficile pour les anciens déportés. Leurs témoignages sont pourtant une nécessité pour ne jamais oublier. Et ce que Marceline Loridan-Ivens réussit à nous offrir avec cette lettre écrite d’une seule traite est un récit bouleversant à lire absolument et à partager autour de soi.

A suivre…

Grand Prix des lectrices ELLE 2016

Mes lectures se suivent et ne se ressemblent pas! Depuis septembre dernier, j’ai la chance de faire partie du grand prix des lectrices ELLE et chaque mois, je reçois un roman, un polar et un documentaire que je dois noter.
someone
Après 6 mois, mon coup de coeur dans la catégorie roman est pour l’instant Someone d’Alice McDermott. Voici ma critique:
Marie, l’héroïne de Someone n’a rien d’une personne extraordinaire. Elle mène une vie ordinaire entourée de gens ordinaires, dans le quartier de Brooklyn, alors irlandais, entre les deux guerres mondiales.
Pourtant, sous la plume sensible d’Alice McDermott, même le plus petit événement prend une importance considérable. Avec tendresse et des mots justes, elle nous raconte ainsi, à la première personne, la vie d’une femme avec ses drames et ses joies : la mort de son père, son premier chagrin d’amour son travail dans une entreprise de pompes funèbres, la naissance de son premier enfant, sa myopie qui la rendra presqu’aveugle à la fin de sa vie….Et à travers son parcours et ses souvenirs, c’est tout un monde que nous découvrons ; celui du New York de la première moitié du XXème siècle, encore très emprunt de religion et traumatisé par les événements internationaux. Dans sa famille, son frère renonce à sa vocation de prêtre, de l’autre côté de la rue, un aveugle assis sur une chaise arbitre les jeux des enfants du quartier…
Marie est le témoin privilégié de son époque. Elle ne juge pas, elle se remémore juste, par petites touches, avec nostalgie et sans nécessairement respecter un ordre chronologique, des petites choses de son passé, un monde qui change, les années qui passent… Des vies simples en quelque sorte pour un chronique tout en justesse et délicatesse que l’on quitte à regret une fois la dernière page tournée!
A suivre…